Test, fdsfds et jkljkl

jkljkl, une goutte d'eau dans votre historique de recherches

jkljkl, une goutte d

Certaines règles d’ergonomie paraissent tellement évidentes une fois expliquées qu’on se sent tout bête après les avoir lu ou découverte. Par exemple les lecteurs de Getting Real se souviendrons sûrement de ce moment gênant, après la lecture de la fameuse règle « dessiner la page pour son utilisation, son état vierge, et son état en cas d’erreur ». Clap, la paume de la main sur le front…

Oui, l’ergonomie est une discipline de bon sens. C’est aussi pour cela qu’il est souvent difficile d’expliquer pourquoi on peut prétendre à un paiement en suggérant de changer la couleur d’un bouton. Et pourtant, un bouton ça peut rapporter 300 millions de dollars ou en coûter 110.

Mais cette règle-ci n’est pas une règle de bon sens, c’est une règle d’expérience.

Vous designer vos pages 404, vous suggérer une aide en cas d’erreur, vous proposez même des recherches par approximation. C’est bien. En fait, ce faisant vous êtes déjà beaucoup mieux loti que la vaste majorité des développeurs, et votre service affiche sûrement une certaine qualité.

Il est temps maintenant de designer pour le test de l’utilisateur.

Non non, je ne parle pas de tests que vous faites vous même avec / pour vos utilisateurs. Je parle de la réaction de votre service face aux tests des utilisateurs anonymes qui débarquent en coup de vent.

Pour commencer, cherchez les signes. Ouvrez vos logs de base de données, et regardez. Ces fameuses entrées « test », « fdsfds », « jkljkl » (et parfois quelques termes moins glorieux). Regardez maintenant lesquelles sont majoritaires et sur quels champs. Suivant la bonne vieille loi de Pareto, il va falloir sélectionner l’essentiel et regarder quelle réponse vous renvoyez aux utilisateurs qui entrent mécaniquement les caractères des 3 touches situées sous l’index, le majeur et l’annulaire.

Il y a plusieurs façon de sortir du lot...

Il y a plusieurs façon de sortir du lot...

Si vous avez déjà une réponse générique aux entrées inexistantes et que vous trouver sa réaction pertinente, merveilleux. Vous pouvez arrêter de lire cet article. Mais c’est peut probable. Suggérer une page sur “fdsfds” ou un sujet proche ? Suggérer un produit qui pourrait l’interresser ? D’autant que si c’est un nouveau visiteur, vous n’avez aucune données sur lui, aucun historique. Nada.

Et là vous allez me répondre, le regard de cocker en bandoulière : « Heu, je n’ai rien sur lui, et il m’écrit n’importe quoi, je ne vois pas ce que je peux faire ».

L’utilisateur qui entre « n’importe quoi » à de très bonnes raisons de le faire. Tout comme cliquer sur le premier lien « qui ressemble à ce qu’il veut » puis faire « back » en cas d’échec 5 fois d’affiliée est une technique qui paraît abérrante mais a prouvé son efficacité par empirisme. L’utilisateur vous teste : vous êtes dans la masse, et il veut voir comment vous vous comportez. Or il n’y a pas de lien entre un site de vente de chaussures et un service de Webmail, à part des comportements de navigations similaires. Cela lui donne un repère.

C’est le moment de sortir du lot

Vous savez les trucs que les gens ne lisent jamais ? La présentation du site, l’explication du fonctionnement de la navigation, etc ? Voici enfin une place pour les placer sans gacher votre temps et un espace précieux sur la page d’acceuil.

L’utilisateur veut voir ce qu’il se passe. Vous lui montrez que vous avez compris. Il va le lire, c’est le résultat de ce qu’il a cherché. Il sait que c’est n’importe quoi, ne croyez pas qu’il est neuneu au point que son vocabulaire comporte uniquement des combinaisons de 8 lettres le confinant à ce genre de recherche. Il sera agréablement surpris que malgré son passage en force, vous l’acceuillez avec plaisir.

Ce qu’il faut faire apparaître sur une telle page :

  1. Une courte phrase expliquant ce que le champ attend comme entrée.

  2. Une invitation à lire la suite en lui expliquant son interêt.

  3. Le gros bloc de choucroute que vous aimeriez qu’on lise de temps à autre.

Pour le 3, il faut que ce soit utile. Ce qui peut passer :

  • Une présentation des types de produits que l’utilisateur peut espérer trouver.

  • Une vidéos de présentation de la recherche qui marche avec des termes qui vous mettent en valeur.

  • Une image de la page qui expliques à grand coup de flèches et de bloc de couleur la navigation du site.

  • Le plan du site.

Ce qu’il faut éviter :

  • Vos états d’âmes. Les discours sur vos valeurs, vos performances, etc. L’utilisateur s’en tamponne le coquillard avec une patte d’astrakan femelle. Les rares interessés chercherons l’information de toute manière.

  • Les mots du président, messages d’accueil, et autres textes que même leurs auteurs ne liraient pas.

  • L’humour. C’est triste, mais le second degré passe mal une page à caractère utilitaire : gardez ça pour les pages à contenu. Sur un de mes sites, j’avais mis pour réponse à fdsfds, « Vouliez vous dire Ornithorynque fushia ? ». Ca n’a fait rire que moi.

Évidement, le nouveau blog étant installé avec la méthode Râche, l’eronomie est celle d’un WordPress out of the box, donc je suis un mauvais exemple en la matière. Promis, dès que j’ai le temps, je vous fais la reconstruction du site en live, pas à pas, avec des vrais morceaux de tutos sur l’ergonomie dedans.

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